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Histoire du château

Notre Mairie, un château venu du fond des âges…

batiment de la mairie L’an 2000 a donc connu la restauration de ce bâtiment, ce qui n’était pas arrivé depuis 1959.

Un peu d’histoire

Au XIVème siècle, Lagny se trouvait en Champagne et Thorigny dépendait de la couronne de France. Notre ville s’appelait "Thorigny-en-France", ce qui avait d’ailleurs permis aux marchands juifs de s’installer au "Bout du Pont" (actuel quartier de la Marne) car leur séjour était permis en France mais non en Champagne.

A cette époque, Thorigny appartient aux barons de Montjay. Le village, alors peuplé d’une centaine d’âmes, groupé autour de son église dédiée à Saint-Martin, de fondation ancienne, comporte une dépendance de l’abbaye de Chaâlis alors que sur le coteau s’élève une chapelle consacrée à la Vierge qui deviendra "Notre-Dame du Haut Soleil". Le château seigneurial est alors construit. On retrouve son origine sur un plan de plus de quatre mètres de long, datant de 1545, aux Archives Nationales.

Un certain François d’Angennes, seigneur de Montcouët et favori de Catherine de Médicis, devint le baron de Montjay. Son fils vendit les terres de Montjay et de Thorigny à Bernard Potier, Seigneur de Blérancourt, en 1623, ainsi que le château et le logis bâtis à l’antique.

Ce titre de propriété se trouve dans les archives communales, daté du 31 mars 1623 : Contrat de vente de la Baronnerie de Montjay par Monsieur D’Angennes à Monsieur le Comte de Tresmes.

[…] La terre et Seigneurie de Thorigny se constitue en ce qui suit : le château et logis bâtis à l’antique où il y a plusieurs corps d’hôtel. Le dessous sert de cellier et d’office, le dessus sont salles, chambres, antichambres, cour fermée de logis en laquelle cour il y a une fontaine qui jette quantité d’eau ; au-dessous de ladite cour, un grand jardin : attenant ledit château, il y a une ferme dans laquelle il y a un colombier de pied, grange, écurie, étables et autres logements nécessaires avec deux pressoirs, un logis et cave pour les vins. Proche de laquelle ferme, attenante à icelle, il y a un grand clos fermé de murs, lequel clos tient 18 ou 20 arpents de bonnes vignes, environ deux arpents de pré, un plan d’arbres fruitiers, un arpent ou environ de bois taillés, et le surplus sont assez bien plantés. […]. Cette vente faite aux charges dudit droit et devoir seigneuriaux féodaux, ceux rente et aumône ci-dessus seulement, et outre moyennant le prix et somme de 125 000 livres tournoises de prix principal de ladite acquisition francs deniers audit vendeur, 3000 Livres de pot de vin à lui accordé en faveur dudit présent, le tout faisant ensemble 128 000 Livres…

Lorsque le dernier descendant des Seigneurs et Barons de Montjay, Sires de Thorigny, Louis Joachim Paris, Duc de Gesvres, fut guillotiné le 19 Messidor an II (7 juillet 1794), personne n’osa réclamer l’héritage, si bien que le château fut habité durant cinq ans par son concierge, un certain Délestain et ne fut revendu qu’en 1799, sous Bonaparte alors 1er Consul.

A la suite probablement de la révolution et du caractère seigneurial du bâtiment, la propriété ne trouva pas d’acquéreur et fut vendue aux enchères. Un sieur Maillard l’emporta pour 40 000 F, puis morcela une partie des terres qu’il revendit ensuite.

Le château fut donc certainement plusieurs fois démoli et reconstruit ou simplement remanié. Ainsi, dans les archives communales, si en 1774 on parle encore d’un château dans les titres de propriété, en 1804, la bâtisse est alors désignée comme une vaste maison bourgeoise, flanquée de ses dépendances. Pas de trace de la reconstruction entre ses deux dates. On sait seulement qu’en 1816, l’intérieur du château fut repensé par les soins de son nouveau propriétaire, Anne Marie Julien Griveau, Secrétaire général archiviste de l’hôtel royal des Invalides.

La "Maison bourgeoise" perdit son corps de ferme au cours du XIXème siècle. Un plan de 1824 nous montre une partie de la façade de la propriété, autrefois rue du Moutier et actuellement rue Gambetta et Cornilliot. Le nouveau propriétaire, Monsieur Jean Théodore Nicolas Pleville avait un frère qui possédait à la même époque un autre château de Thorigny, celui des Fontaines (actuel lycée professionnel).

C’est lors d’une séance extraordinaire du Conseil Municipal le 14 décembre 1957 que la Ville décida d’acheter la propriété à la famille d’Emile Eugène Albert Sorel qui l’occupait depuis 1893 :

… Le Conseil Municipal, à l’exception de Monsieur Gœblin, qui s’abstient, décide l’acquisition par la Commune d’une propriété sise à Thorigny, lieudit "Le Mousset", d’une superficie de cinq hectares, 16 ares, 80 centiares, appartenant à Monsieur Gilbert Sorel pour le prix de quarante trois millions. Dit que les bâtiments implantés dans cette propriété seront utilisés pour y transférer les services de la Mairie, et services annexes, et ce, tout au moins à l’origine, sans travaux d’aménagements ; qu’une partie des terrains sera rétrocédée à un ou plusieurs organismes de construction, à l’effet d’y construire le maximum possible de logements, par blocs de constructions familiales, de préférence à usage locatif, et le surplus étant conservé comme espace vert…

Notre Mairie fut donc inaugurée officiellement le 12 décembre 1959. C’est à cette époque que le parc alentour cessa d’être protégé par son mur d’enceinte dont le dernier pan, vestige de l’ancien château, qui se trouvait rue Gambetta tomba en 1996 lors du réaménagement du centre-ville.